Quatre jours après avoir suscité une très large majorité en commission des Compétences régionales, la proposition de résolution « Zones 30 » a été présentée et approuvée en séance plénière du Sénat. Et ce, au grand contentement de son initiatrice, la cheffe de groupe MR Anne Barzin.

La Sénatrice namuroise, lors de son passage à la tribune de l’hémicycle, a tout d’abord rappelé la pertinence des zones 30. Des dispositifs qui, pour info, ont un statut juridique depuis le 1er novembre 1988.

« Les statistiques ont montré que l’instauration de zones 30 (avec aménagement de la voirie) diminue fortement le nombre d’accidents et augmente la sécurité routière, a-t-elle souligné. De manière générale, lors d’une collision avec une voiture roulant à 50 km/h, un piéton décède dans 45 % des cas. À une vitesse de 30 km/h, cette proportion tombe à 5 %. De plus, la distance d’arrêt, correspond, pour une vitesse de 30 km/h, à treize mètres. A 50 km/h, cette distance est plus que doublée, soit vingt-sept mètres… Dans un rapport de 2015, l’Institut Vias note que seulement 5 % des enfants accidentés sur leur trajet vers l’école ont eu leur accident dans la zone 30 « abords d’école ». De même, moins de 1,4 % des écoles primaires ont enregistré un accident dans leur zone 30 entre 2010 et 2012. »

A noter qu’outre l’avantage en matière de sécurité routière, la zone 30 rencontre également des préoccupations environnementales.

Reste que, aussi pertinentes soient-elles, les zones 30 « abords d’écoles » ne se retrouvent pas forcément à proximité d’autres établissements qui accueillent des têtes blondes mais qui sortent du strict cadre scolaire, qu’il s’agisse de crèches, d’instituts spécialisés pour enfants en situation de handicap… Une situation qui a interpellé Anne Barzin et l’a incitée à rendre cette problématique publique par le biais d’une proposition de résolution.

Vers une nouvelle étude de Vias

« Le texte se veut plus complet puisqu’il demande également au gouvernement fédéral de commander une nouvelle étude à Vias sur la sécurité des enfants, tant sur leur trajet vers l’école que vers des établissements d’accueil précités, et de comparer la sécurité autour des écoles bénéficiant d’aménagements « zones 30 » et celle des autres établissements où une telle zone n’existe pas, a précisé la cheffe de groupe MR. Ce préalable important permettra aux gouvernements régionaux de mettre en place, là où ce n’est pas encore le cas, les aménagements nécessaires autour des écoles situées le long des routes régionales. »

Anne Barzin a ensuite élargi le propos à l’expérience des rues scolaires. Il s’agit de zones fermées à la circulation lors des heures d’arrivée et de départ des élèves: « Après la Flandre, on a vu des initiatives locales se développer à Bruxelles et en Wallonie, aidées par un encadrement législatif (une loi publiée au Moniteur le 20 octobre 2018). C’est évidemment une bonne chose. Il conviendra d’en tirer les conclusions après les périodes d’essai. L’objectif demeure le même : garantir des aménagements adaptés et assurant la meilleure sécurité pour tous. Sans oublier les considérations en termes de qualité de l’air qui doivent retenir notre attention. »

La proposition de résolution a finalement été approuvée sans difficultés et sans surprise.